Au premier rang, l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments cite les agents biologiques - prédateurs, parasites, champignons, bactéries, virus - dont le Varroa Destructor, déjà qualifié « d'ennemi numéro un » dans le rapport du député de Haute-Savoie Martial Saddier, remis cet automne au ministre de l'Agriculture.
Cet acarien parasite qui se fiche sur le dos de l'abeille, la pompe tout en lui injectant des substances toxiques, explique Pierre Testud du Réseau biodiversité pour les abeilles. Une ruche peut se trouver ainsi complètement dépeuplée en quelques années.
L'AFSSA identifie également les agents chimiques, rappelant que plus de 5 000 produits phytopharmaceutiques sont actuellement commercialisés, mais se garde bien de stigmatiser l'un ou l'autre.
Plusieurs molécules ont pourtant été visées par les apiculteurs dès 2000 : dernièrement, le Regent TS, accusé d'avoir provoqué une surmortalité des abeilles en 2002-2003 et dont la commercialisation avait été suspendue. Il vient de bénéficier d'un non-lieu ce qui a ravivé la colère des milieux apicoles.
Mais les abeilles meurent aussi de la dégradation de leur environnement, poursuit l'AFSSA, en particulier de la perte de biodiversité due à l'agriculture intensive qui prive les abeilles de plantes à polliniser.
Pour Pierre Testud, « les résultats du rapport confirment de façon scientifique ce que l'on pressentait. On savait bien que l'hécatombe était liée à des causes multifactorielles ».
Mais il se réjouit de voir le Varroa spécifiquement désigné : « Le problème existe depuis 1980 mais à ce jour seulement un tiers des ruchers sont traités. » •





























