En 60 ans, d'ores et déjà, l'être humain a détruit 40 % de toutes les espèces vivantes de la planète, a rappelé Hubert Reeves il y a à peine une semaine dans une de ses chroniques d'un tabloïd connu!
Selon un nouveau rapport du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), la restauration d'écosystèmes disparus ou endommagés que ce soient les forêts, les plans d'eau douce, ou les zones humides permet pourtant de générer des revenus de plusieurs millions de dollars, de créer des emplois et de combattre la désertification donc la pauvreté.
Ce rapport, intitulé Planète morte, planète vivante : restauration de la biodiversité et des écosystèmes pour un développement durable, souligne que la préservation des écosystèmes restés intacts coûte bien moins cher que la restauration d'écosystèmes dégradés. Le coût d'une préservation efficace telle qu'elle est pratiquée dans de nombreux sites protégés peut varier de quelques dizaines à quelques centaines de dollars par hectare. Les sites protégés ne représentent toutefois, que 13 % des terres de la planète (7 % seulement au Québec!), 6 % de ses côtes et seulement 1 % de la mer au complet!
La restauration coûte dix fois plus cher que la simple gestion d'écosystèmes existants, mais elle n'en reste pas moins une bonne affaire au vu du rendement en termes de récupération de services naturels.
Des études initiales réalisées dans le cadre de l'Étude sur l'économie des écosystèmes et de la biodiversité révèlent que la restauration de pâturages, de zones boisées et des forêts offre un des taux de rendement les plus élevés.
Bref, vaut mieux garder intactes les rares zones boisées et humides qui restent plutôt que de payer la note plus tard. À ce point de vue, l'air et l'eau, d'ailleurs les plus purs en forêt restent le meilleur exemple de ressources vitales universelles à préserver. Et, jusqu'à nouvel ordre, ce sont les arbres (et les algues d'une mer saine) qui nous procurent de l'oxygène, le ciel qui nous envoie de l'eau et les écosystèmes terrestres des marais qui la filtrent le mieux et gratuitement ou presque.
Ces jours-ci, dans certains médias locaux et nationaux, on entend ou on lit de plus en plus souvent des environnementalistes tamponnés, fustiger les écologistes soi-disant purs et durs, pourtant très rares dans notre région comme au Québec en général. Hélas! Trop peu de voix s'élèvent contre l'accélération de la déforestation où notre Haute-Yamaska est pourtant championne régionale (dossiers d'avril de M. Laliberté et experts dans La Voix de l'Est) : « syndrome de la pépine all-over «, coupes drastiques (même au CINLB), forêts de condos poussant en accéléré sur Denison Est (bassin versant du lac Boivin), coupes à blanc dans des marais la fin de semaine, disparition des abeilles, bourdons, oiseaux et papillons, inversion du flux du débile projet Trailbraker, et chez les privés : chasse aux « mauvaises herbes «, dont aucune n'est pourtant inutile pour des fantasmes de pelouse tapis, engraissés et traités aux pesticides, surconsommation à fond la caisse, etc.
Tant de formes de vie utiles sacrifiées et les nôtres, à moyen terme, mises en danger par nos actions insensées...
Fanatiques, intransigeants, alarmistes, les écologistes, qu'ils disent?
Dès aujourd'hui, pensons à demain et changeons nos habitudes, parmi les plus écologiquement dévastatrices de la planète, faits chiffrés et reconnus aux yeux de la planète entière. Pour l'amour de la beauté, de la santé, la nôtre celle de nos enfants et des leurs, rien ne compte plus actuellement, que de laisser leur juste place à nos déjà trop rares écosystèmes sauvages si on veut envisager un avenir encore possible!
Anny Schneider
Shefford
source la voix de l'est



























